Les chatbots sont-ils neutres en politique ? Une étude publiée le 24 octobre 2026, à quelques jours des élections de mi-mandat aux États-Unis (3 novembre), suggère que non. Forcées de recommander un candidat, deux des IA les plus connues donnent des réponses presque opposées.
Comment ça marche ?
Le studio de recherche Convovo, dirigé par Tapan Parikh, professeur à l’université Cornell, a interrogé Grok 4.7 (de SpaceXAI, la société d’Elon Musk) et GPT-6.1 Sol (d’OpenAI) sur près de 500 courses électorales. La consigne : nommer un seul candidat, sans hésiter. Les tests ont été faits via les interfaces pour développeurs (API), pas dans les applications grand public.
Les chiffres
Grok a choisi le candidat républicain dans 92 % des cas. GPT a choisi le démocrate dans 97 % des cas. Les deux IA étaient d’accord moins d’une fois sur dix. Grok citait souvent des sites conservateurs et le réseau X, tandis que GPT s’appuyait beaucoup sur Wikipédia, l’agence AP, Axios et Reddit.
Autre découverte : sans accès à la recherche web, GPT continuait de pencher côté démocrate, alors que Grok refusait presque toujours de répondre. Pour le chercheur, le penchant de GPT serait inscrit dans le modèle lui-même, celui de Grok dépendrait surtout des sources qu’il consulte.
Prudence
OpenAI conteste la méthode : selon l’entreprise, une consigne aussi insistante ne reflète pas l’usage normal de ChatGPT, qui refuse d’ailleurs de nommer un candidat. SpaceXAI n’avait pas réagi. L’étude n’a pas encore été vérifiée de façon indépendante.
Mise en perspective
Le sujet dépasse les États-Unis. Partout, y compris en Afrique de l’Ouest, de plus en plus de gens posent leurs questions à une IA plutôt qu’à un moteur de recherche. Le réflexe à garder : une IA n’est pas un arbitre neutre. Pour se forger une opinion politique, mieux vaut croiser plusieurs médias fiables.
Sources